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lundi 1 décembre 2008

DOCUMENT DE COMPREHENSION ORALE pour le niveau B2+ (Ghislain) :

La vie de Ghislain pendant la guerre (3).




Ghislain a 86 ans. Il vit dans le Sud-ouest de la France où il était agriculteur. Pendant la seconde guerre mondiale, il a été réquisitionné pour le service du travail obligatoire (STO) et envoyé en Autriche. Si vous n’avez pas écouté les deux premières parties de son interview, faites-le plutôt d’abord. Et la fin de son témoignage est également disponible.





Première partie

Deuxième partie

Quatrième partie


DOCUMENT AUDIO (TROISIÈME PARTIE):
Avant d’écouter ce document, lisez les questions suivantes.

1) Quel a été le bilan du bombardement que Ghislain évoque au début ?
2) Quels dommages l’usine a-t-elle subis ?
3) Quels produits étaient fabriqués dans la nouvelle usine où est allé Ghislain ?
4) Vers la fin de la guerre, de quoi lui et ses camarades ont-ils eu peur ?
5) Comment ont-ils fait la plus grande partie du trajet vers la Suisse ?
6) Pourquoi n’ont-ils pas fait la totalité du retour en train ?
7) Que s’est-il passé à Évian ?
8) Que leur a-t-on donné à Évian ?



Écoutez maintenant le document audio (2 minutes 58).




EXERCICE :
Pour chaque question, choisissez la réponse correcte.




TRANSCRIPTION :
Après l’exercice, vous pouvez lire la transcription et les remarques pour mieux comprendre le témoignage de Ghislain.


Gab : Et après, donc ?
Ghislain : Alors, euh, a… après ce bombardement, trois de nos camarades ont été tués (a). Alors, on a été ch… comme tout avait été écrasé, on nous a fait changer d’usine (c), on nous a envoyés (b) sur une usine qui faisait le tissage, pour euh, remettre les machines, enfin, remonter des machines et les remettre en route pour reprendre, euh, le travail. Alors, là, j’y suis resté jusqu’à la fin, euh, jusque… au moment où on a quitté : on a été… à ce moment-là, on a pris la.. le… les Russes, les soldats russes avançaient, euh, assez vite et on nous a, on nous a dit (d), bon, si vous le… si vous voulez pas vous faire, euh, accrocher (1) par les Russes, il faut, à ce moment-là (2), il faut par… il faut nous suivre, tout le groupement dans lequel on était, euh, a décidé de partir à l’aventure (3) sur… vers le… en direction de la Suisse pour essayer de passer la frontière. Alors, on a, pendant je sais plus, je me rappelle plus le temps qu’on a mis (e) mais on a… de montagnes en plaines, de… de… de, on a pris de… quelquefois le train mais comme les voies étaient coupées, on faisait peut-être, euh, je sais pas, quelques kilomètres puis la voie était coupée, il fallait s’arrêter, on re… on reprenait sac au dos, on repartait dans le, dans la nature, finalement pour aboutir à… au pont… sur la frontière suisse au pont Saint Margrethen et à ce moment-là, on a passé la frontière, là, au pont Saint Margrethen, sur la… le bord de la frontière suisse. Et on… le… là on est restés (f) pendant quelques temps puis on a été embarqués via la France à ce moment-là par, euh, je me rappelle plus comment ça, c’était… je sais pas si c’est… oui, on a été démobilisés, après, à Evian, quoi, on a été jusqu’à Evian, voilà.
Gab : D’accord. Et tu es resté longtemps à Evian ?
Ghislain : À Evian, on y est, on a, on y est restés trois jours, euh, pour le, là on nous a démobilisés, on nous a donné des, du ravitaillement, on nous a démobilisés et on est re… on a repris le train en… à ce moment-là vers la France, je suis arrivé vers le… je me rappelle plus… en France… 45… je suis arrivé en France
Gab : Vers 45…
Ghislain : Vers 45.
Gab : Au total, tu es resté combien de temps en Autriche ?
Ghislain : En Autriche ? Deux ans, presque deux ans.
Gab : Oui, oui.
Ghislain : Presque deux ans en Autriche. On est restés presque deux ans en Autriche. Voilà. Oui.
Gab : D’accord. Merci !

Remarques de vocabulaire :
1) Accrocher : normalement, ce verbe signifie « fixer » mais ici, c’est l’idée d’avoir une altercation, ou des problèmes, avec l’armée russe, donc vraisemblablement d’être faits prisonniers.
2) À ce moment-là = (ici) dans ces conditions.
3) Partir à l’aventure = sans destination précise.

Remarques de grammaire :
Faites attention à l’accord du participe passé aux temps composés et à la forme passive. Quelques exemples :
a) Trois de nos camarades ont été tués : à la forme passive, on accorde le participe passé (au féminin ou au pluriel) avec le sujet grammatical.
b) On nous a envoyés : on n’accorde normalement pas le participe passé quand le verbe se conjugue avec l’auxiliaire avoir, sauf comme ici quand le pronom complément (« nous ») a une fonction de complément d’objet direct (COD) et est placé avant le verbe (construction normale du verbe : envoyer quelqu’un quelque part).
c) On nous a fait changer d’usine :
mais quand il s’agit du verbe « faire » et qu’il est suivi d’un infinitif, on n’accorde pas le participe passé, même quand le pronom est COD.
d) On nous a dit : il n’y a pas d’accord ici car le pronom « nous » est complément d’objet indirect (COI) (construction normale du verbe : dire quelque chose à quelqu’un).
e) Le temps qu’on a mis : il n’y a pas d’accord ici car le COD est masculin. Mais avec un COD féminin, vous pourriez dire, par exemple : « Gabrielle, j’ai écouté les interviews que tu as mises sur ton blog ! ». Attention, ceci marche avec le pronom relatif « que » (ou « qu’ ») mais PAS avec « qui », « où » et « dont » !
f) On est restés : et avec l’auxiliaire « être », on accorde presque toujours le participe passé. Vous avez peut-être entendu dire que « on » reste toujours singulier. Oui, quand il s’agit d’une généralité. Mais quand il s’agit d’un groupe (quand « on » = « nous »), c’est plus logique de faire l’accord au féminin pluriel ou au masculin pluriel.
Une dernière remarque sur les accords des verbes construits avec l’auxiliaire « être ». J’ai écrit plus haut que normalement, il fallait faire l’accord. Mais deux phrases d’exemple vous montreront que ce n’est pas toujours le cas avec des verbes pronominaux (verbes avec « se »). On dira : « Elles se sont vues. » (construction normale du verbe : voir quelqu’un) mais « Elles se sont téléphoné.
» (construction normale du verbe : téléphoner à quelqu’un). Et oui, il faut donc apprendre, petit à petit les constructions de tous les verbes… Mais rassurez-vous, c’est une de plus grandes difficultés du français, et même des gens quasiment bilingues ont encore des difficultés !

Remarques diverses :
Vous avez pu entendre que Ghislain « roule » les « R »… Mais ne cherchez pas à l’imiter, c’est une prononciation qui se perd, qui est caractéristique de gens plutôt âgés…
Vers la fin de l’interview, Ghislain hésite un peu, il est un peu impressionné par l’interview. Mais vous entendrez dans la dernière partie de son témoignage qu’il s’est ensuite ressaisi, et a clairement précisé les dates de son retour. Il s’agit bien de l’année 1945 puisque c’est celle de la fin de la seconde guerre mondiale.

Et pour finir : vous trouverez peut-être étonnant que je tutoie Ghislain. C'est vrai que l'on vouvoie plutôt les personnes de cet âge. Mais Ghislain est mon grand-père, cela est donc normal...

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