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2009/03/06

DOCUMENT AUDIO pour le niveau B2 (Stéphane) :

Stéphane parle des financiers…




Au moment de l'interview, Stéphane a une trentaine d’années. Il vit en région parisienne. C’est quelqu’un qui aime bien cuisiner et qui est très créatif et blagueur, vous allez sentir ça en l'écoutant…







EXERCICES DE COMPRÉHENSION ORALE :
Cette interview de Stéphane est quelque peu originale... Je vous propose de l’écouter une première fois pour cerner les idées globales et l’esprit de l’interview. Puis vous pourrez l’écouter de nouveau pour comprendre plus de détails.



1) COMPRÉHENSION GLOBALE :

Questions.
Lisez d’abord ces questions de compréhension globale.


1) Sur quel fait de société actuel se base Stéphane pour développer son histoire ?
2) Que fait en fait Stéphane dans cette interview ?
3) Quel ingrédient n’est pas présent dans la recette ?
4) Selon Stéphane, en quelle année l’interview a-t-elle été faite ?
5) Selon vous, dans quel état d’esprit Stéphane répond-il à cette interview ?


Document audio.
Puis écoutez le document (3 minutes 07).






Exercice 1.
Ensuite, faites le quizz n°1.







2)COMPRÉHENSION DÉTAILLÉE :

Questions.
Lisez d’abord ces questions pour savoir quelles informations relever.


1) Quelles sont les savoir-faire de Stéphane en pâtisserie, selon lui ?
2) Dans quel domaine travaille Stéphane ?
3) Pourquoi Stéphane ne donne-t-il pas tout de suite la recette des financiers ?
4) Selon Stéphane, qu’ont vécu les financiers vers 2008 ?
5) Toujours selon lui, qu’ont dû faire les financiers après 2009 ?
6) Qui est « Jean Robert » ?
7) Sous quelle forme doivent être les blancs d’œufs ?
8) Combien de temps doivent cuire les financiers ?
9) Sur quelle température faut-il régler le four ?

Document audio.
Puis écoutez le document (3 minutes 07).






Exercice 2.
Ensuite, faites le quizz n°2.







TRANSCRIPTION :
Enfin, vous pouvez lire le texte de l’interview et les remarques pour mieux comprendre Stéphane.

Gab : Stéphane, tu te débrouilles (1) particulièrement bien en pâtisserie, et tu m’as parlé tout à l’heure de la recette des financiers. Est-ce que tu pourrais l’expliquer ?
Stéphane : Alors, tu as raison Gabrielle, je me débrouille extrêmement bien en pâtisserie. Je suis un spécialiste. D’ailleurs, je travaille dans la finance donc le financier, c’est un gâteau que je réussis, euh, forcément (2) très bien.
Gab : Logique !
Stéphane : Alors, euh, le financier, d’abord, il faut savoir ce que c’est. C’est un petit gâteau et c’est pas du tout un… bonhomme (3) qui travaille dans la finance, hein, c’est un petit gâteau qui se fabrique de manière extrêmement simple. Alors, je vais vous donner la recette, hein, mais bon, on va parler de la genèse (4) du financier car c’est quand même quelque chose de … ben il est toujours important de savoir ce qu’on fait avant de le faire. Donc euh, le financier, alors, aux origines, le financier c’est un monsieur qui travaillait à la Bourse, et qui, euh, dans les années 2008, a bu la tasse (5). Depuis (il avait plus de boulot (6)), les banques ont coulé (7), euh, en 2009, euh, l’économie mondiale a fortement changé, et euh, les financiers n’ont plus trouvé de travail, donc, et euh, ont dû se recycler (8). Et ils sont devenus pâtissiers. Et à ce moment-là, donc, en 2009, et à partir de 2009 et dans les années qui suivent, hein, 2010-2011, euh, un certain Jean Robert a créé un petit gâteau, euh, qu’il a appelé le « financier » puisque c’était son ancien métier et qu’il a décidé de, de, ben, euh, dans son… enfin, quand il s’est recyclé et qu’il est devenu pâtissier, a appelé son, ce nouveau gâteau, le financier. Alors ce gâteau est extrêmement simple donc, comme je le disais tout à l’heure, euh, il se compose de cinq éléments, cinq éléments, alors les éléments principaux sont : le beurre, la farine, la poudre d’amandes, le sucre et les blancs d’œufs. Alors, les blancs d’œufs, euh, les blancs d’œufs, c’est la moitié de l’œuf, enfin, pas tout à fait la moitié, le tiers de l’œuf, parce qu’il faut enlever la coquille et le jaune. Euh, vous mélangez tout ça, hein, en prenant bien soin évidemment de faire des blancs d’œufs pas battus en neige (9) mais mousseux. Vous mélangez tout ça, vous le mettez dans un moule à financiers puisque maintenant, on en trouve partout, hein, puisqu’en 2015, c’est assez répandu.
Gab : Donc nous sommes en 2015 ?
Stéphane : Bien sûr.
Gab : Ah oui.
Stéphane : Et euh, [rires] le… donc je dis, vous mettez, vous répartissez le… car le financier est un petit gâteau, donc il faut pas, quelques centimètres de long, hein, 7-8 centimètres à tout casser sur, euh, deux centimètres d’épaisseur et, euh, 1 centimètre et demi de large. Euh, vous, donc lorsque vous avez mélangé tous les ingrédients, vous les mettez à cuire pendant une quinzaine de minutes à un four à température moyenne (180 degrés) et ça vous donne un bon financier qui permet d’oublier la crise ! Voilà.
Gab : Merci Stéphane, c’était brillant.
Stéphane : Mais je vous (sic) en prie Gabrielle. À bientôt.
Gab : À bientôt.

Remarques de vocabulaire :

1) Se débrouiller = réussir habilement à faire quelque chose (surtout dans des situations délicates ou peu évidentes).
2) Forcément = par une conséquence inévitable, logiquement.
3) Un bonhomme = un individu, un homme (terme un peu familier). « Bonhomme » désigne aussi un personnage, c’est un terme également utilisé par les enfants. Un enfant peut « dessiner des bonshommes », « faire des bonshommes de neige ».
4) La genèse : ce mot désigne à l’origine la création du monde mais ici, il s’agit bien sûr de la manière dont une chose se forme, se développe.
5) Boire la tasse = cette expression signifie « boire involontairement de l’eau en se baignant » mais ici Stéphane l’utilise de manière imagée pour parler des problèmes économiques, des échecs personnels.
6) Le boulot = (mot familier) le travail.
7) Couler = (sens imagé) faire faillite, se ruiner.
8) Se recycler = se reconvertir (professionnellement), changer de métier. On parle de « recyclage » et de « reconversion ».
9) Battre les œufs en neige = les fouetter longtemps pour obtenir une consistance solide.

Remarques culturelles :

Vous trouverez l’origine de la recette des financiers sur le site Internet Marmiton, un excellent site avec énormément de recettes de cuisine.



Vous avez un peu de temps libre ? Vous êtes gourmand(e) ? Pourquoi ne pas fabriquer des financiers ?
Il existe plusieurs variantes de cette recette. Vous en trouverez une en vidéo sur le site Notre famille

ou sur le site Goosto.

2008/10/21

DOCUMENT DE COMPREHENSION ORALE pour le niveau B1+ (Aurélie) :

Aurélie parle du Vélib’ parisien !

 
GABFLE: DOCUMENT DE COMPRÉHENSION ORALE pour le niveau B2 (Aurélie) : 

Lorsque les Vélib', les vélos en libre service de Paris, ont été mis en place, ça a beaucoup fait parler les gens, parce que c'était une nouvelle façon de se déplacer en ville. Mon amie Aurélie vivait à Paris à cette époque. Dans cette interview faites quelques mois après l'installation des Vélib', elle fait le bilan de l'utilisation de ces deux-roues.  Soyez attentifs, c’est une petite interview mais Aurélie parle très vite !...

 

 














DOCUMENT AUDIO :
Avant d’écouter le document, je vous conseille de lire les questions suivantes. Ce sont les informations que vous devrez entendre dans l’enregistrement.

1) Quelle est l’opinion générale d’Aurélie sur le Vélib’ ?
2) Pour elle, quel était le problème au début ?
3) Selon elle, comment ça se passe maintenant ?
4) De quel avantage du Vélib’ est-ce qu’elle ne parle pas ?
5) Quels sont les sentiments d’Aurélie quand elle fait du vélo ?
6) Pour la sécurité, qu’est-ce qui est possible ?



Écoutez maintenant le document audio (46 secondes).


EXERCICE :
Pour chaque question, choisissez la réponse correcte.












TRANSCRIPTION :
Après l’exercice, vous pouvez lire la transcription et les remarques pour mieux comprendre l’interview.


Gabrielle : Donc Aurélie, tu es Parisienne. Pour ou contre (1) le Vélib’ ?
Aurélie : Je suis pour, définitivement (2) pour ! [rires] Il y a eu* une première période au début, quand les vélos sont arrivés, où c’était un peu, un peu le bordel (3), hein (4) ! Personne ne savait exactement où conduire, c’était… les piétons ne savaient plus où marcher, ils… ils repéraient pas les vélos, les voitures étaient un peu perdues, les bus aussi. Maintenant tout se calme, tout le monde apprend à… à circuler ensemble et c’est très bien. Et franchement, le vélo en ville, ça… c’est économique, c’est écologique et c’est très très sympa.
Gabrielle : Et tu as** pas peur des accidents, par exemple ?
Aurélie : Un petit peu, j’avoue que je… je suis*** pas encore très téméraire (5) en vélo dans Paris mais, mais il y a quand même pas mal de (6) pistes cyclables donc qui permettent de, de rouler, euh, plutôt en sécurité et puis il y a les couloirs de bus aussi qui sont… qui nous séparent un petit peu des voitures donc il faut faire attention aux bus mais on n’a pas les voitures.

Remarques de prononciation :
* Il y a eu : vous remarquerez que le « il y a » (qui est ici au passé composé) est prononcé, comme souvent, « y’a ». Mais « y’a » ne s’écrit pas, sauf sur les blogs informels, dans les SMS ou dans les paroles de chansons.
** Tu as : ici, j’ai parlé un peu vite moi aussi et j’ai prononcé « t’as ». C’est un peu familier. Et ça ne s’écrit pas souvent, sauf dans des documents très informels.
***Je suis : Aurélie prononce vite le « je suis » et on entend « chuis ». Mais n’écrivez pas cela, ce n’est pas du français !

Remarques de grammaire et de vocabulaire :
1) Pour ou contre : « je suis pour une idée (un projet, une proposition, etc.) » = je suis favorable à cette idée, je suis d’accord avec cette idée. Et « je suis contre une idée » = je ne suis pas favorable à cette idée, je ne suis pas d’accord avec cette idée.
2) Définitivement = cela signifie normalement « pour toujours ». Mais ici, Aurélie veut dire qu’elle est complètement pour le Vélib’, qu’elle est totalement pour le Vélib’.
3) Le bordel : ce mot (qui désigne à l’origine une maison de prostitution) est très familier, même un peu vulgaire et signifie « un grand désordre ». On dit aussi « le bazar », « la pagaille », c’est moins vulgaire.
4) Hein : ce n’est pas un mot mais un son. On peut l’utiliser quand on veut dire « n’est-ce pas », comme ici. Mais on peut aussi l’utiliser quand on n’a pas bien entendu quelque chose, pour faire répéter.
5) Téméraire = qui n’a pas peur du risque, qui n'a pas peur du danger.
6) Pas mal de = beaucoup de, un grand nombre de. Mais « pas mal de » est une expression un peu familière.

Remarques culturelles :

Pour obtenir plus d’informations sur le Vélib’, il existe un site très pratique :
http://www.velib.paris.fr (en français, en anglais, en espagnol, au choix) mais aussi un blog d’information (en français) qui est assez sympa : http://blog.velib.paris.fr/blog ! De plus, connectez-vous au site non officiel http://www.parisavelo.net si vous voulez avoir des détails sur les stations de Vélib’ (stations pleines ou vides, emplacements des stations, etc.).





2009/02/18

DOCUMENT AUDIO pour le niveau B1 (Philippe) :

Philippe cuisine !


Philippe habite en région parisienne, à Sèvres. Il a une trentaine d’années et au minimum une trentaine d’amis... Il aime bien inviter ses copains chez lui ! Et parfois, comme le jour où je l'ai interviewé, il cuisine pour eux…












EXERCICES DE COMPRÉHENSION ORALE :
Il y a beaucoup de bruit dans cette interview. Je vous propose de l’écouter au minimum deux fois. Faites les activités dans l'ordre proposé.




PREMIÈRE ÉCOUTE :

Questions.
Lisez d’abord ces deux questions de compréhension globale.

1) Que prépare Philippe dans sa cuisine ?
2) Que prévoit-il comme boisson ?


Document audio.
Puis écoutez le document (1 minute 34).







Exercice 1.
Ensuite, faites le quizz n° 1. Vous aurez en plus 3 questions de vocabulaire pour préparer l’écoute n°2.









SECONDE ÉCOUTE :

Questions.
Lisez d’abord les questions pour savoir quelles informations chercher.


1) Pour combien de personnes Philippe cuisine-t-il ce jour-là ?
2) Quelle entrée a-t-il prévue ?
3) Pourquoi le repas est-il simple ?
4) Quel plat principal prépare-t-il ?
5) Quel problème a-t-il eu pendant l’interview ?
6) De quelle région vient la boisson qu’il va servir ?
7) Quelle est la caractéristique particulière de cette boisson ?




Document audio.
Puis écoutez encore le document (1 minute 34).







Exercice 2.
En même temps, faites le quizz n° 2.



















TRANSCRIPTION :
Enfin, vous pouvez lire le texte de l’interview et les remarques pour mieux comprendre Philippe.

Gab : Philippe, tu es aux fourneaux (1), ça s’entend. Est-ce que tu peux expliquer ce que tu es en train de préparer pour ce soir, pour le dîner ?
Philippe : Alors, pour six personnes, nous aurons, en entrée une salade d’endives (A), euh, de saison, avec un petit peu de roquefort (B), euh, non, de, de Fourme d’Ambert (C). Donc c’est du fromage bleu, dans une salade d’endives, donc c’est une entrée froide. Euh, puis nous aurons un petit plat simple, nous sommes dimanche soir, donc on va pas, euh, c’est pas très recherché (2). Nous aurons, euh, côtes, côtes, côtes, ouh la la, côtes, ouh la la, ouh la la, côtes de porc, euh
sauce roquefort. Avec des pâtes pour accompagner… et, euh…
Gab : Et ça déborde (3) !
Philippe : C’est tout, voilà ! Côtes de porc sauce roquefort.
Gab : D’accord. Et pour accompagner ça, je veux dire au niveau des boissons… peut-être qu’il y a quelque chose qui a été prévu ? Enfin, je crois…
Philippe : De l’eau, comme toujours, comme ici, toujours de l’eau.
[rires]
Gab : On y croit (4) !
Philippe : Un petit peu de vin. Qu’est-ce que nous aurons ? Nous aurons, euh, un petit vin qui se fait du côté de Bordeaux. Euh… l’appellation (5) Sainte Foy, Sainte Foy Bordeaux. C’est un petit vin, je connais quelqu’un là-bas, un petit producteur qui fait non seulement du vin d’une excellente qualité mais en plus bio (6). Donc, euh, voilà, euh, qui ira tout à fait avec ce, ce, cette sauce roquefort. Voilà.
Gab : Très bien, merci beaucoup et bonne préparation.
Philippe : Et bon appétit surtout.
Gab : Oui !
Philippe : Au revoir !


Remarques de vocabulaire :
1) Un fourneau = un four. « être aux fourneaux » = être en train de cuisiner.
2) Recherché = (ici) sophistiqué.
3) Ça déborde : l’eau des pâtes était trop chaude et elle est passée par-dessus le bord de la casserole !
4) On y croit : ici, cette expression est ironique et signifie « Je ne te crois pas ! ». Pourquoi ai-je dit cela ? Parce que Philippe a l’habitude d’ouvrir de bonnes bouteilles !
5) Une appellation = une région de production, qui bénéficie d’une certification, pour le vin, le fromage…
6) Bio = (ici) biologique.

Remarques cultuelles :
A) L’endive : c’est une variété de salade (de chicorée), consommée surtout en hiver. Elle a même son site Internet :
http://www.endive.fr/ !
B) Le roquefort est un fromage français de brebis de la région des Causses de l'Aveyron. Ce fromage a une réputation mondiale, vous le connaissez sans doute.
C) La Fourme d'Ambert est un fromage de vache français de la région Auvergne (mais également du département de la Loire), créé à l'origine dans les environs d'Ambert (Puy-de-Dôme), et qui bénéficie d'une appellation d'origine contrôlée (AOC) depuis 1972.


Remarque orthographique :
Les noms de fromages issus de noms de lieux (villes, régions…) ne prennent pas de majuscule. C’est la même chose pour les vins. Exemples : « Je viens de Bordeaux et j’aime le bordeaux ». « J’ai visité Roquefort et j’y ai dégusté du roquefort ».

2008/07/29

DOCUMENT DE COMPRÉHENSION ORALE pour le niveau B2 (Aurélie) :

Aurélie parle de l’association Emmaüs !



Vous avez peut-être déjà écouté les interviews que j’ai faites d’Aurélie… Elle a 28 ans, elle est documentaliste à Paris. Mais en-dehors du travail, elle a aussi des engagements associatifs dont elle nous parle ici… Vous ferez attention, cet enregistrement a été fait lors d’un (long…) voyage en bus, il y a des bruits qui gênent un peu la compréhension mais c’est un bon entraînement pour « tendre l’oreille » !







DOCUMENT AUDIO !

Voici les informations que vous devez entendre dans le document :
1) À l’origine, quel était l’objectif de la fondation Emmaüs ?
2) Qu’y fait Aurélie ? Dans quelles conditions ?
3) Au total, combien de matières sont proposées aux stagiaires?
4) Pour quelle raison les stagiaires s’adressent-ils à Emmaüs ?
5) Quels types de cours Aurélie mentionne-t-elle ?
6) Quelles certifications peuvent obtenir les stagiaires ?
7) Commen
t sont les étudiants pendant les cours du soir ?









Écoutez le document :






EXERCICE : 
Choisissez les réponses correctes.










TRANSCRIPTION :
Après
avoir fait l’exercice, vous pouvez lire la transcription et les remarques afin de mieux comprendre les détails.
Gab : Tiens Aurélie, tu es d’humeur à parler un peu sérieusement ?
Aurélie : Oui [petit rire] !
Gab : Non (a), j’aimerais bien que tu nous racontes ton expérience, euh (b), dans l’assotion… l’association, pardon, Emmaüs (A)
Aurélie : Alors (c)… Emmaüs est une association qui (1) fait, qui fait beaucoup de choses et qui, qui aidait en premier lieu les personnes sans logement. Mais depuis, ils ont un peu élargi, euh, leur, leur mission et ils s’adressent à toutes les personnes en situation d’urgence et proposent aussi des, des cours de français, euh, aux personnes qui en ont besoin (2). Donc (d) euh, c’est là que j’interviens en fait (e), donc je suis (f) formatrice, euh, à l’« atelier de formation de base », donc c’est le, c’est le nom du service. Donc je donne des cours le soir, donc, euh, en tant que bénévole, et euh, et c’est plutôt, euh, à la fois intéressant et plutôt sympathique aussi. Donc, euh, donc les stagiaires ont trois cours par semaine. Donc le mardi, le jeudi ; et le mercredi ils ont un atelier spécifique, donc ça peut être théâtre, ça peut être informatique, on… il y a (g) plein de choses différentes. Et donc je travaille en binôme avec, euh, un autre formateur et on donne un cours par semaine donc à des personnes, euh, d’origine étrangère la plupart, qui, euh, qui s’expriment très bien en français à l’oral mais qui, qui ont des difficultés à lire et écrire le français. Donc, euh, on les aide dans cet apprentissage.
Gab : Qu’est-ce que vous faites, exactement, en cours, si on peut appeler ça des cours ?
Aurélie : Euh, oui, on peut appeler ça des cours. Ben on fait des choses assez différentes. On travaille sur beaucoup de documents, euh, dont (3) ils peuvent avoir besoin dans, dans leur vie quotidienne. Donc euh, donc ça peut être, euh, s’inscrire, euh, s’inscrire, euh, à l’ANPE (B), ça peut être dans la recherche d’emploi, ça peut être aller à la Poste, chercher un recommandé, donc, selon le niveau, il y a, il y a beaucoup de choses différentes. Ça peut être… lire un plan de métro aussi, donc ce qui (h) (4) est souvent, euh, très utile quand on est à Paris mais, mais qui, qui est pas évident non plus. Donc, euh, voilà, on travaille sur des documents très différents, dans l’idée que, euh, leur vie quotidienne soit un peu plus facile par la suite et qu’ils soient un petit peu plus autonomes.
Gab : D’accord, et à la fin, ils passent un diplôme ou quelque chose ?
Aurélie : Ils ont pas de diplôme, euh, ils ont, euh, il y a des évaluations régulières, l’objectif, c’est d’arriver, euh, au cadre européen des langues (C), donc au niveau, au premier niveau. Euh, mais, mais ils ont aussi la possibilité de passer un petit diplôme informatique qui s’appelle le « PIM », euh, dont (5) j’ai oublié, euh [rires] les initiales. [Gab : Pas grave...] Mais qui, mais qui, mais qui atteste, voilà, d’un certain niveau informatique et qui, qui, qui peut, qui peut être valorisé aussi dans leur recherche d’emploi.
Gab : Voilà, ouais, pour mettre sur le CV, ça peut être bien…
Aurélie : Exactement. Ouais, ouais.
Gab : D’accord. Donc c’est sympa ? Vous avez aussi, je sais pas, des discussions, il y a des moments où (6) vous êtes aussi plus détendus ? … (+ mots impossibles à comprendre !)
Aurélie : Ah, ben, oui, oui, oui, ben c’est souvent des, quand même des, des, des cours assez, assez studieux mais, mais assez conviviaux aussi parce ce que bon, ils ont, ils travaillent la journée donc ils arrivent après, après le travail et c’est vrai qu’ils sont… c’est aussi un, un moment où ils peuvent penser un peu à eux et se concentrer donc, donc on peut échanger aussi, il y a beaucoup de nationalités différentes, donc euh, donc c’est source d’échanges, euh, plutôt, plutôt amusants et plutôt, plutôt enrichissants pour tout le monde, donc...
Gab : Merci pour ton témoignage !
Aurélie : Merci !

Remarques grammaticales :
Voici plusieurs remarques sur les pronoms, relatifs ou non, dans cette partie.
1) qui :
vous le savez certainement mais mieux vaut le dire trop que pas assez, « qui » est un pronom relatif qui s’utilise autant pour les personnes, que pour les choses ou les situations. Il remplit une fonction de sujet (ici, il est sujet du verbe faire) et est généralement suivi directement par un verbe. Mais attention, il peut parfois y avoir un pronom complément intercalé entre « qui » est le verbe, comme dans l’exemple suivant : « Le français, c’est une langue qui vous intéresse ». Ne le confondez pas avec « que » qui est un pronom relatif complément d’objet direct et qui s’utilise pour les choses, les situations mais aussi pour les personnes : « Le français, c’est une langue que vous aimez » où on remarque que le relatif « que » est suivi du pronom sujet « vous » puis du verbe « aimer ».
2) en ont besoin :
vous remarquez ici le pronom « en », utilisé pour ne pas répéter (« de cours de français ») et qui s’utilise car le verbe « avoir besoin » se construit normalement avec la préposition « de ».
3) dont :
voici un autre pronom relatif, le plus difficile à utiliser sans doute… Vous remarquez qu’il est associé au verbe « avoir besoin de », encore lui… Il permet de relier ensemble deux idées (on travaille sur beaucoup de documents / ils peuvent avoir besoin de ces documents) et de ne pas répéter le complément du verbe « avoir besoin de ». « Dont » peut avoir une fonction de complément du verbe (comme ici, comme souvent) ou bien de complément du nom ou de l’adjectif. Exemples : « La grammaire, c’est une chose difficile dont je ne parle pas souvent sur ce blog ». (complément du verbe) / « GABFLE, c’est un blog dont l’auteur aime interviewer ses amis ». (complément du nom) / « Le français, c’est une langue dont vous êtes passionné(e) » (complément de l’adjectif).
4) ce qui :
signifie « la chose qui ». C’est un pronom relatif composé avec un démonstratif. Même chose avec « ce que ». Exemples avec le discours direct et le discours indirect : « Qu’est-ce qui t’intéresse ? » -> Elle me demande ce qui m’intéresse. » / « Qu’est-ce que tu aimes ? » -> « Il me demande ce que j’aime. »
5) dont :
celui-ci a une fonction de complément du nom : Aurélie a oublié (la signification) des initiales du sigle « PIM ».
6) où :
vous savez certainement que « où » est le pronom relatif complément de lieu en français… mais étiez-vous pleinement conscient(e) qu’il est aussi complément de temps ?... Si oui, bravo ! Si ce n’est pas le cas, pas de souci : vous le savez dorénavant ! On dit donc « le jour où… », « l’année où… », « le moment où… », etc.
Remarques sur les prononciations et habitudes de langage :
a) Non :
ce mot dans ma bouche ne visait pas à contredire Aurélie mais plutôt à contrebalancer le côté très sérieux de ma question afin de montrer que la discussion allait rester informelle. C’est donc un « non » introductif ! Quel paradoxe, non ?!
b) Euh : Il y a beaucoup de « euh » ici… parce qu’on hésite, oui, bien sûr, mais en fait, dans la majeure partie des cas, on ne se rend pas compte qu’on dit cela … Comment ? Vous aussi, vous dites involontairement « euh » quand vous parlez français ? C’est bien ! Vous êtes sur le chemin du bilinguisme !
c) Alors : ce mot est très courant quand on commence à exposer une idée, à raconter quelque chose.
d) Donc : vous l’aurez remarqué, c’était le mot du jour pour Aurélie ! Je n’ai pas compté combien de fois elle l’avait utilisé mais en tout cas, beaucoup ! Non qu’elle ait eu besoin de systématiquement faire des conclusions… évidemment ! C’est juste un réflexe de langage…
e) En fait : normalement, « en fait » sert à introduite une explication, un éclaircissement… Mais souvent, cela reste une simple habitude de langage. Comme avec « donc », Aurélie ponctue son discours avec « en fait »… et elle en sera vraisemblablement très surprise lorsqu’elle lira la transcription de son interview !
f) Je suis : je suppose que vous connaissez ce phénomène de prononciation : ici, on entend vraiment « chui » !
g) il y a : Aurélie prononce bien sûr « y’a » ici mais tellement vite qu’on le devine plus qu’on ne l’entend !
h) Ce qui : Et « ce qui » est prononcé « ski » sans qu’il y ait un rapport avec les sports d’hiver…

Remarques culturelles :
A) Le
mouvement Emmaüs est un ensemble d’associations loi de 1901 fondées par l’abbé Pierre (de son vrai nom Henri Grouès) à partir de 1949, pour venir en aide aux plus pauvres, aux exclus, aux réfugiés et aux sans domicile fixe (« SDF »). Le mouvement Emmaüs International regroupe 323 associations reconnues par le mouvement en son nom à travers le monde, dont 140 en France fédérées au sein du mouvement Emmaüs France. Les personnes accueillies dans les communautés, qui représentent le projet central du mouvement, ont été désignés comme «compagnons» par l'abbé Pierre, leur figure emblématique et mondialement respectée. L’abbé Pierre est décédé en 2007, à l’âge de 94 ans. (D’après Wikipédia). Pour plus d’informations, consultez leur site Internet : http://www.emmaus-france.org/.
Et si vous voulez en savoir plus sur la personnalité hors du commun de l’Abbé Pierre, regardez cette vidéo (un extrait de discours très fort), trouvée sur YouTube, où on comprend extrêmement bien qu’en 1997 (10 ans seulement avant sa mort), sa force de caractère et ses convictions n’avaient pas faibli. J’en ai fait une transcription pour vous aider à bien comprendre.




Transcription : 
« Ceux qui ont pris tout le plat dans leurs assiettes, laissant les assiettes des autres vides et qui ayant tout, disent avec une bonne figure, une bonne conscience : « nous, nous, qui avons tout, on est pour la paix » ! Qu’est-ce que c’est que je dois leur crier à ceux-là ? Les premiers violents, les provocateurs de toute violence, c’est vous ! Et quand le soir, dans vos belles maisons, vous allez embrasser vos petits enfants, avec votre bonne conscience, au regard de Dieu, vous avez probablement plus de sang sur vos mains d’inconscients que n’en aura jamais le désespéré qui a pris des armes pour essayer de sortir de son désespoir. »


Fin des remarques culturelles :
B) L’ANPE = l’Agence Nationale Pour l’Emploi qui s’occupe de mettre en contact les potentiels employés et les employeurs afin que les chômeurs puissent retrouver du travail.
C) cadre européen des langues : c’est le CECR (cadre européen de référence pour les langues), il s’agit des niveaux A1, A2, B1, B2, C1, C2 que j’utilise dans ce blog pour distinguer les niveaux des exercices.