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Sur GABFLE, il y a des interviews authentiques de personnes francophones, à écouter ou à lire,
des exercices, des remarques de grammaire, de vocabulaire, de prononciation.

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À bientôt !






lundi 27 décembre 2010

DOCUMENT AUDIO pour le niveau B2+ (Christophe) :

Christophe a vu le film Potiche !




Christophe est vrai un cinéphile. Vous avez peut-être déjà écouté son interview sur Les petits mouchoirs (ici). Cette fois-ci, il présente un autre film récent : Potiche, le dernier film de François Ozon (le réalisateur de Huit femmes).










DOCUMENT AUDIO (8 minutes 41) :
Tout d’abord, je vous propose d’écouter l'interview une première fois, sans faire l’exercice, pour comprendre globalement de quoi il s’agit.








Puis, avant d’écouter de nouveau l’interview, vous pouvez lire ces questions qui vous indiquent quelles informations vous allez devoir comprendre.

1/ Quels films est capable de réaliser François Ozon ?
2/ Selon Christophe, comment est le film Le refuge ?
3/ À quoi fait référence le titre du film Potiche ?
4/ Potiche, qu'est-ce que c’est d’abord, à l’origine ?
5/ Au début du film, quelle est la situation de Suzanne Pujol ?
6/ Quel est le sujet principal du film ?
7/ Suite à son accident, que doit faire M. Pujol ?
8/ Au départ que ressent Mme Pujol par rapport au monde l’entreprise ?
9/ Très vite, que va-t-elle ressentir par rapport à sa nouvelle activité ?
10/ Selon Christophe, que vont faire les deux enfants de Suzanne Pujol ?
11/ D’après Christophe, quels éléments du film sont très contemporains ?
12/ Quel rôle joue Gérard Depardieu ?
13/ Comment sont les relations du personnage de Depardieu avec Mme Pujol ?
14/ Quelle est la différence entre le personnage de Depardieu et Mme Pujol ?
15/ Pour Christophe, par quoi est ‘porté’ le film ?
16/ D’après Christophe, comment sont les costumes et les décors ?



Écoutez ensuite de nouveau l’interview. Vous pouvez faire l’exercice ci-dessous en même temps.







EXERCICE :

Et maintenant, pour chaque question, choisissez la réponse correcte.



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Une scène du film (Mme Pujol et M. Pujol) :














TRANSCRIPTION :
Lisez enfin la transcription de l’interview et les remarques pour mieux comprendre comment Christophe s’exprime.

Gabrielle : Christophe, Potiche, c’est un film que tu as vu, deux fois même, je crois, non ?
Christophe : Oui, en fait c’est un film de François Ozon (I) et moi, j’aime beaucoup les films de François Ozon, parce que c’est un réalisateur qui peut aussi bien tourner des comédies que des films plus graves (1), ancrés (2) dans les problèmes de société. Justement, là, c’est son deuxième film en 2010 parce que au début de l’année était sorti Le refuge (II) avec Isabelle Carré (III) qui est un film très grave, très noir par moments. Mais là, donc, on a avec Potiche une comédie très grinçante et très ironique qui se passe dans les années 70. Alors peut-être qu’il serait bon d’expliquer le titre. En fait, « potiche », c’est un mot qui est synonyme de « vase » on peut dire. Une potiche sert à mettre des fleurs, soit des fleurs naturelles ou alors des fleurs séchées et c’est aussi une expression de la langue familière. Quand on parle d’une femme qui est plutôt entretenue par son mari, qui n’a pas d’avis, on dit qu’elle est une potiche. Et justement, dans ce film, l’idée, c’est de montrer une femme, Suzanne Pujol, qui est jouée par Catherine Deneuve (IV), qui au début du film semble être complètement écrasée (3) par son mari qui lui, est directeur d’une usine de parapluies. Alors il faut dire aussi que François Ozon a choisi, et ça c’est très important, de remettre le film dans l’époque des années 70 puisqu’au départ, ce film, c’était une pièce de théâtre qui a été adaptée pour le cinéma, comme il l’avait fait pour le film 8 femmes (V). Et il a gardé l’esprit des années 70, il a pas voulu l’adapter à l’époque actuelle, on est vraiment au cœur des années 70, plus exactement en 77, au moment où les femmes encore en France ont plutôt une position on va dire « inférieure » à leur mari et c’est vrai qu’au début du film on voit cette pauvre Suzanne Pujol jouée par Catherine Deneuve, très à l’aise financièrement mais assez écrasée par ce mari assez tyrannique (4), assez colérique (5) qui ne s’intéresse pas beaucoup aux avis des uns des autres et encore moins aux avis de sa femme. En fait, on voit bien que dans cette… dans ce couple, c’est l’homme qui dirige et qui dirige l’entreprise comme il dirige son couple ! Donc voilà. Et en fait, le film raconte la revanche (6) de la femme ou la prise de pouvoir des femmes sur les hommes.
Gabrielle : La revanche de la potiche !
Christophe : C’est ça, parce que par un accident, à moment donné, cette Suzanne Pujol se trouve confrontée à une situation inattendue, c’est-à-dire que son mari a un accident cardiaque et donc il est, pour quelques mois, mis de côté de la direction de l’entreprise et on demande à cette femme, donc Suzanne Pujol, de reprendre les rênes (7) de, de l’entreprise et donc au départ, bien sûr, il y a un peu de réticence (8), un peu de peur, un peu aussi de, de, de, d’appréhension (9) par rapport à ses enfants mais aussi par rapport au monde de l’entreprise qu’elle ne connaît pas, par rapport aux ouvriers qu’elle, qu’elle n’a pas beaucoup fréquentés dans sa vie, bien que l’entreprise soit au départ l’entreprise de son père, ne jamais oublier que cette entreprise de parapluies, elle appartient à Suzanne Pujol mais c’est son mari, donc, qui en est devenu le directeur. Et donc en fait très très vite, elle va se plaire et prendre beaucoup de plaisir à diriger cette entreprise et à lui donner un nouveau souffle (10) grâce aussi à ses deux enfants, alors sa fille jouée par Judith Godrèche (VI) et son fils joué par Jérémie Régnier (VII) qui sont associés, donc, aux décisions de l’entreprise. Donc il y a beaucoup aussi de, d’ironie, de comédie, comme dans 8 femmes, le film de François Ozon avec toujours Catherine Deneuve mais il y a aussi un regard sur la société d’aujourd’hui même si le film se passe en 77. Il y a beaucoup d’événements, beaucoup de scènes qui pourraient être des scènes actuelles parce qu’on y parle à la fois des relations entre les ouvriers et la direction, on y parle aussi des grèves, on y parle d’occupation d’usines, on y parle des rapports politiques. Ne jamais oublier que dans le film, il y a un personnage très important, c’est le député-maire de cette ville. Et ce député-maire, il est communiste et il est joué par Gérard Depardieu (VIII). Donc on a le monde du patronat, le monde des ouvriers, le monde un peu plus modeste incarné par ce député communiste, qui, on va très vite s’en rendre compte, connaît parfaitement bien Mme Pujol puisqu’ils ont eu une relation (11) alors qu’ils n’étaient encore que de jeunes mariés, chacun de leur côté, et donc on va aussi se rendre compte qu’il y a beaucoup de complicité entre ces deux personnages, Depardieu et Deneuve, qui n’ont pas du tout le même parcours, le même milieu social, (ils n’ont pas du tout le même vécu) mais qui très vite vont aussi prendre une place très importante à la fois dans l’entreprise, pour elle, et puis bien sûr pour lui dans la vie de la commune. Alors c’est un film qui fait beaucoup rire aussi mais qui nous renvoie aussi aux problèmes dont on parle aujourd’hui, les délocalisations (12), euh, la retraite, la place des femmes dans la société, mais aussi les relations entre hommes femmes, bon, c’est un film très très actuel bien que, comme j’ai déjà dit, il se passe en 1977, donc il y a plus de 30 ans. Voilà. Et surtout, c’est un film qui est porté par des acteurs qui, qui jouent remarquablement bien, et en particulier, donc : Catherine Deneuve, Gérard Depardieu, Karin Viard (IX), et Fabrice Lucchini (X), qui sont les quatre rôles principaux. Donc : la femme, le directeur, le député, et la secrétaire. Et on a aussi une fidèle reconstitution de l’époque à travers, bien entendu, les costumes, mais aussi le décor, les décors intérieurs, la maison, le décor de l’usine aussi, tout est très très bien reconstitué : les coiffures, les maquillages, tout ça, on a vraiment l’impression d’être au cœur des années 70, donc dans la France de Valéry Giscard d’Estaing (XI) au, en plein cœur de la crise. C’est, c’est très très intéressant. Donc le film se passe aussi dans le Nord, ne jamais l’oublier où… qui est une région qui a été très touchée par les délocalisations et on… c’est un film qui, qui peut aussi parler beaucoup aux, aux spectateurs parce que c’est un film qui est en fait très actuel et comme je l’ai dit, à la fois amusant, m… ironique, caustique (13) mais très social. Voilà, je le conseille vivement !
Gabrielle : Eh bien, super, Christophe, ça donne très envie d’aller le voir ! Merci beaucoup ! Je crois que tu vas devenir le critique cinématographique attitré de ce blog…
Christophe : Merci Gabrielle.
Gabrielle : Merci Christophe !

Remarques de vocabulaire :
1) Grave = (ici) sérieux.
2) Ancrer = à l’origine, « ancrer » = retenir, fixer un bateau avec une ancre. Ici, c’est le sens abstrait et ça signifie « fixer solidement », donc « enraciner ». Un film ancré dans des questions de société est un film qui a pour contexte principal des problèmes de société.
3) Ecrasée = (ici) dominée.
4) Tyrannique = autoritaire, despotique. Un « tyran » = un dictateur.
5) Colérique = qui se met tout le temps en colère, qui s’énerve souvent et très fort, « irascible ».
6) La revanche = le fait de reprendre l’avantage sur quelqu’un après avoir eu le dessous, = « la vengeance », le fait de « se venger ».
7) Reprendre les rênes : « une rêne » = une bride pour guider un cheval. « Lâcher les rênes » = tout abandonner. Et « reprendre les rênes » = reprendre la direction de quelque chose, reprendre le pouvoir.
8) La réticence = le doute, l’hésitation.
9) L’appréhension = la crainte, l’angoisse, la peur (face à l’idée de devoir faire quelque chose de difficile).
10) Donner un nouveau souffle = « le souffle » = l’air expulsé quand on expire à l’élan, la force qui anime quelqu’un. « Donner un nouveau souffle » = renouveler, donner un nouvel élan.
11) Une relation : en français, on dit « une relation amoureuse », « une relation extraconjugale », on n’utilise pas le mot « affaire » !
12) Une délocalisation = quand une entreprise part s’installer à l’étranger.
13) Caustique = moqueur, satirique.



Remarques culturelles :I) François Ozon : pour mieux connaître ce réalisateur et son actualité (notamment la sortie de Potiche), consultez son site officiel ou la page de Wikipedia à son sujet.
II) Le refuge : vous pouvez consulter la page d’Allôciné au sujet de ce film.
III) Isabelle Carré : pour mieux connaître cette actrice française, consultez sa page Wikipedia ou ce très bon article du magazine L’Express à son sujet.
IV) Catherine Deneuve : si vous voulez tout connaître sur elle, il existe un site de fan ultra complet qui présente parfaitement bien cette actrice très connue.
V) 8 femmes : ce film a eu un succès international, vous retrouverez un dossier complet à son sujet sur le site Ecran Noir.
VI) Judith Godrèche : sa page sur Wikipedia la présente bien.
VII) Jérémie Régnier : pour tout savoir sur ce jeune acteur belge qui tourne beaucoup en France, consultez son site officiel.
VIII) Gérard Depardieu : on ne le présente plus mais vous ne savez connaissez peut-être pas tout sur lui ! Consultez Wikipedia ou encore cette interview sur TV5MONDE.
IX) Karin Viard : découvrez ici cette actrice très convaincante dans les rôles comiques, mais qui sait tout faire !
X) Fabrice Lucchini : vous pouvez lire sa biographie sur Wikipedia. Mais le mieux avec cet acteur fantasque, c’est de l’écouter parler ! Petit extrait ici
XI) Valéry Giscard d’Estaing : président français de 1974 à 1981.


Et pour finir, regardez la bande-annonce de cette comédie ! Si vous voulez en lire une transcription, vous en trouverez une sur l’excellent blog d’Anne, Je dis, tu dis, il dit nous disons…




samedi 25 décembre 2010

Bonjour à tous !

Aujourd'hui, c'est Noël !

Bonjour !
Et joyeux Noël !
Je vous souhaite une très bonne fête de Noël à tous !
Et si vous ne fêtez pas Noël, passez une très bonne journée.
À bientôt !




Voki







lundi 6 décembre 2010

DOCUMENT AUDIO pour le niveau A2 (outils --> sons [u], [ø], [y]) :

Écoutez un peu plus…




Voici une activité pour mieux prononcer des mots comme « bonjour », « un peu », « voiture »…





PRONONCIATION :
Les sons [u] (de « bonjour »), [y] (de « voiture ») et [ø] (de « un peu ») sont difficiles à différencier. Pour commencer, écoutez comment on prononce ces trois sons en français et lisez le texte qui est juste après.




Écoutez un peu plus le son [y] comme par exemple dans « Salut ! », « J’ai lu une revue. », « Tu as vu Arthur ? », « Elle a eu des problèmes, elle a dû partir. »…

Écoutez un peu plus le son [u] comme par exemple dans « J’aime tout ! », « Tu habites ? », « Gte ce gâteau, il est savoureux », « Il a trop bu, il est saoul », « Tu joues au football ? C’est cool ! », « Vous travaillez comme clown, c’est vrai ? »

Écoutez un peu plus le son [ø] comme par exemple dans « Je veux », « Elle peut », « Il est courageux », « Il a les yeux bleus », « Je mange des œufs ».

Remarque :
Dans les mots « J’ai peur », « Il mange un œuf », « Ma sœur est jeune », ce n’est pas le son [ø] mais [œ] (plus ouvert). On ne va pas trop étudier cette différence ici. En plus, c’est une petite différence et beaucoup de Francophones ne l’entendent pas !





EXERCICE :
Écoutez ensuite le document audio (une petite histoire sur la météo de l’hiver) et faites le quizz en même temps pour choisir les mots corrects.
Ma petite histoire :




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Remarques de vocabulaire :
- « Il fait un froid de loup » =
il fait très froid. On dit aussi « il fait un froid de canard ».
- « J’ai la chair de poule » = j’ai froid et je ne suis pas beaucoup habillé(e) donc les poils de mes bras se lèvent. On peut aussi avoir la chair de poule quand on a peur.
- « La neige a fondu » = elle est devenue liquide (verbe = fondre).
- « Il pleut » = le verbe « pleuvoir » au présent. Au passé composé, on dit « il a plu ».
- « La boue » = de la terre mouillée (après la pluie) qui colle aux chaussures.

Et si vous avez d’autres questions, laissez un commentaire !






vendredi 19 novembre 2010

DOCUMENT AUDIO pour le niveau B2 (Christophe) :


Christophe a vu le film Les petits mouchoirs !


Christophe habite à Amboise en France. Il a plusieurs passions dont le cinéma qu’il adore ! Il y a quelques temps, il a vu un film qui a beaucoup de succès ces temps-ci en France : Les Petits mouchoirs. Grâce à lui, vous allez découvrir l’histoire du film, et quelques considérations de ce cinéphile averti sur Les Petits mouchoirs, un film qui réunit de nombreux acteurs français très connus.


Petite précision : un mouchoir, c’est un morceau de papier ou de tissu pour se moucher (quand on a un rhume) ou s’essuyer les yeux (quand on pleure) !


DOCUMENT AUDIO (8 minutes 04) :
Tout d’abord, je vous recommande de lire ces questions qui vous indiquent quelles informations vous devez comprendre.

1/ Qu’a fait Guillaume Canet dans ce film ?
2/ Qui sont les personnages du film ?
3/ Où a lieu l’histoire ?
4/ À quel moment du film y a-t-il un accident ?
5/ Qu’est-ce qu’il arrive au garçon accidenté ?
6/ Comment réagissent d’abord les amis du garçon ?
7/ Que dit Christophe sur le Cap Ferret et Guillaume Canet ?
8/ D’après Christophe, qu’a fait l’ami de Guillaume Canet dans le film ?
9/ Quel acteur joue le rôle de celui qui invite toute la bande ?
10/ Comment sont les relations entre les membres du groupe d’amis ?
11/ Le titre ‘Les Petits mouchoirs’ fait allusion à quoi ?
12/ D’après Christophe, dans la « vraie » vie, qui est Marion Cotillard ?
13/ Selon Christophe, quels éléments expliquent le succès du film ?
14/ Qu’est-ce que Christophe a trouvé intéressant dans le film ?
15/ D’après Christophe, que révèle la réussite sociale des personnages ?
16/ D’après Christophe, qui va mieux comprendre ce film ?
17/ Pour Christophe, comment sont les dernières minutes du film ?
18/ Comment se sent-on à la fin du film selon lui ?

Écoutez ensuite l’interview. Vous pouvez faire l’exercice ci-dessous en même temps.




EXERCICE :
Et maintenant, pour chaque question, choisissez la réponse correcte.






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Pendant le tournage du film :












TRANSCRIPTION :
Lisez enfin la transcription de l’interview (en la réécoutant, pourquoi pas ?!) et les remarques pour mieux comprendre comment Christophe s’exprime.
Gabrielle :
Salut Christophe, alors, tu as vu un film qui, je crois, t’a beaucoup plu (a). Est-ce que tu pourrais nous en parler, ça s’appelle Les Petits mouchoirs.
Christophe : Oui, en fait* c’est le troisième film de Guillaume Canet. Guillaume Canet qui est par ailleurs (1) acteur et qui là, donc**, a mis en scène, une bande de copains. Et ça se passe, on pourrait dire, entre la région parisienne et puis le bord de mer.
Gabrielle : Et quelle est l’histoire ?
Christophe : Alors*** en fait, tout démarre (2) d’une façon un petit peu inattendue. Le film commence dans des circonstances assez dramatiques. C’est tout simplement l’accident de moto d’un des membres de ce groupe. Et ce garçon est hospitalisé. Et donc, ça se passe au début de l’été. Et comme chaque année, cette bande de copains doit partir en vacances près de Bordeaux, en fait au Cap Ferret, sur la côte atlantique. Et donc cet accident remet en cause (3) un petit peu leur projet de partir. Est-ce qu’ils vont partir ou est-ce qu’ils vont rester auprès de ce jeune homme qui a été accidenté et qui est malheureusement dans un état très très très grave ? Voilà****. Donc finalement, ils partent en vacances comme prévu mais au lieu de partir un mois, comme chaque année, ils décident de ne partir que (b) deux semaines. Donc on a une première partie du film qui se passe à Paris. On retrouve tout le groupe, toute la bande. Et puis ensuite, la caméra nous transporte sur les bords de l’Atlantique, au Cap-Ferret. En fait, le Cap-Ferret, c’est le lieu de vacances que Guillaume Canet fréquente depuis qu’il est adolescent, c’est un lieu qu’il connaît bien. Et justement dans ce, dans ce film, il y a un personnage très important. C’est un ostréiculteur. Qu’est-ce que c’est un ostréiculteur ? C’est un homme qui produit des huîtres (4). Et donc, ce personnage n’est pas un acteur dans la vie réelle. C’est un ami de Guillaume Canet. Et il lui a demandé de jouer son propre rôle dans Les petits mouchoirs. Voilà. Et donc on retrouve cette bande de jeunes amputée d’un des leurs (5), puisque le personnage qui les réunit tous, et qui est interprété par Guillaume Canet les invite chaque année… euh, pardon, pas par Guillaume Canet, par François Cluzet, les invite chaque année dans sa maison. Et donc on les retrouve dans cette maison pendant leurs vacances avec des relations plus ou moins bonnes, plus ou moins honnêtes, et plus ou moins, je dirais franches (6). On va très vite s’apercevoir (7) au cours du film (8) que cette bande de copains qui semble très très…
Gabrielle : Unie.
Christophe : Unie, voilà, très rassemblée, ne l’est pas autant qu’on pourrait l’imaginer. Voilà. Donc en fait le titre, Les petits mouchoirs, on peut l’expliquer, peut-être, Gabrielle, ou pas ?
Gabrielle : Explique. Vas-y.
Christophe : Voilà. Alors l’idée de Guillaume Canet, « les petits mouchoirs », c’était en fait de signifier que nous avons tous des jardins secrets (9) ou des difficultés, des problèmes personnels que nous ne cherchons pas à mettre en avant et que nous cachons comme un petit mouchoir dans sa poche. Et là justement, le film fait éclater tous ces petits secrets, toutes ces petites ingratitudes (10) que l’on peut avoir (c) entre amis et qui se sont accumulées au fil des années parce que c’est un groupe qui se connaît depuis très longtemps donc ils ont l’habitude de sortir ensemble, de se voir à Paris, aussi bien les femmes que les hommes mais d’abord, c’est quand même un film de garçons parce que l’idée centrale c’était de raconter une amitié entre des hommes, entre des potes (11), comme on dit. Voilà. Et il y a quelques personnages féminins, notamment Marion Cotillard qui a un rôle assez important et qui dans la vie est la compagne (12) de Guillaume Canet.
Gabrielle : Ah oui.
Christophe : Voilà.
Gabrielle : Bon et toi, qu’est-ce qui t’a touché (13) particulièrement dans ce film ?
Christophe : Alors en fait, dans ce film, il y a deux, deux choses qui peuvent, je pense, toucher le public et qui font que justement le succès de ce film est très important. C’est d’abord le côté assez comédie, hein*****, c’est un film qui fait rire, notamment dans la première partie. Alors n’oublions pas que c’est un film assez long, qui dure plus de deux heures 30. Et donc on peut dire que la première partie est plutôt basée sur un comique de situation, avec des scènes de plage, des scènes de mer, de bateau, autour de la table, de repas, etc. Et puis ensuite, peu à peu, le film bascule plus dans la gravité (14). Et c’est ça que j’ai trouvé très intéressant chez Guillaume Canet, c’est que… il a voulu en fait jouer sur les deux tableaux, l’aspect « comédie » et l’aspect ensuite « tableau d’une société française en vacances », alors des gens plutôt privilégiés, qui n’ont pas de problèmes d’argent, qui ont tous réussi dans la vie. Mais on voit bien que cette réussite professionnelle, elle n’est que factice (15) et que derrière, il y a aussi pour chacun des difficultés, des soucis à la fois amoureux mais aussi des soucis plus dans leur vie de famille, etc. Voilà. Donc ça c’est très intéressant, je trouve qu’on… il y a les deux tableaux. Et c’est un film qui je pense parle aussi beaucoup à (16) la génération des 30-40 ans. Et je pense que c’est un film qui s’adresse moins aux jeunes, aux ados, c’est plus un film quand même pour des adultes. Voilà. Et toi ?
Gabrielle : Moi, je l’ai vu aussi…
Christophe : Aussi. D’accord.
Gabrielle : Et je peux dire que j’ai passé un moment agréable.
Christophe : D’accord. Oui, c’est vrai, on passe un moment agréable. En plus, je trouve qu’on ne s’ennuie jamais même si à la fin on pourrait être un peu… comment dire, gênés par la… les dernières minutes, qui, qui, qui sont assez, euh, pénibles parce que là, bon, je ne raconte pas la fin mais on sent que Guillaume Canet a aussi voulu mettre en avant d’autres aspects de l’existence et là, on parle malheureusement de la souffrance et donc de la mort et on pourrait penser que ces scènes-là sont un peu lourdes et puis en fin de compte (17), non, non, elles passent assez bien jusqu’à la fin et là justement, à la fin, on sort son petit mouchoir parce qu’on a un peu la… les larmes aux yeux (18).
Gabrielle : Très bien. Eh bien, je te remercie beaucoup pour cette présentation du film.
Christophe : Je t’en prie, Gabrielle.


Remarques de grammaire :a) A plu : c’est le verbe « plaire » au passé composé. Le verbe « pleuvoir » a le même participe passé mais la logique nous fait comprendre que j’utilise le verbe « plaire » !
b) Ne… que = « seulement ».
c) « …Que l’on peut avoir » : ça suffit, et c’est correct, de dire « qu’on peut avoir ». Mais on peut ajouter « l’ » avant le « on », ça fait juste une phrase plus élégante.

Remarques de vocabulaire :1) Par ailleurs = « d’un autre côté », « à un autre point de vue » ou même ici « aussi », « également ».
2) Tout démarre = ici, « tout commence ». Le verbe « démarrer » s’utilise en particulier pour dire « mettre en marche une voiture ».
3) Remettre en cause = « remettre en question ». C’est un peu comme « douter » : ils ont réfléchi pour savoir s’ils allaient renoncer à leurs vacances ou non.
4) Une huître = un fruit de mer.
5) Amputée d’un des leurs = avec un de ses membres en moins (car normalement, « amputer » = un terme médical pour dire « couper un bras ou une jambe en cas de maladie »).
6) Franc (masculin) / Franche (féminin) = sincère.
7) S’apercevoir = remarquer, réaliser, comprendre.
8) Au cours du film = pendant le film (peu à peu).
9) Un jardin secret : c’est le « domaine des sentiments, des pensées les plus intimes d’un individu » (définition du dictionnaire Le Petit Robert).
10) Une ingratitude = un manque de gratitude, de reconnaissance. Un individu « ingrat » n’est pas reconnaissant envers les autres, il ignore ce que les autres font pour lui.
11) Des potes = (mot familier) des amis.
12) La compagne = la petite amie.
13) « Qu’est-ce qui t’a touché ? » = « Qu’est-ce qui t’a ému ? » (donné de l’émotion). « Toucher » = « émouvoir » (mais « toucher » signifie aussi « avoir un contact physique avec une surface, une personne »).
14) Le film bascule dans la gravité = « Le film devient plus grave, plus sérieux ».
15) Factice = « faux », « artificiel », « illusoire », « apparente ».
16) Le film parle beaucoup à… = « le film est compréhensible surtout par… », « le film peut mieux être compris par… ». « Ça me parle » = « Ça me touche personnellement », « Je le comprends vraiment, ça me concerne ».
17) En fin de compte = finalement.
18) On a les larmes aux yeux = « On a envie de pleurer ». Remarquez que Christophe a commencé sa phrase au singulier : c’est parce qu’on peut dire aussi « On a la larme à l’œil ».

Remarques sur la prononciation et les habitudes de langage :Comme tout le monde, Christophe a beaucoup de petites habitudes de langage. Il utilise en particulier de nombreux petits mots. Voici quelques remarques sur leur utilisation.
*En fait : s’utilise en début, milieu ou fin de phrase pour apporter une petite précision, une petite explication. Mais souvent, on dit « en fait » sans que ce soit réellement nécessaire.
**Donc : il n’y a pas d’idée de conclusion ou de conséquence ici. « Donc » est un peu utilisé comme « en fait ».
***Alors : c’est la même chose que « donc » précédemment. Remarquez qu’on dit souvent « Alors en fait », « Donc en fait » en début de phrase.
****Voilà : souvent, on dit ça quand on a fini une petite explication.
*****Hein : ici = « n’est-ce pas » (pour garder le contact avec son interlocuteur). Mais on dit aussi « Hein ? » quand on veut que quelqu’un répète quelque chose ou quand on est surpris. « Hein » n’est pas un vrai mot, c’est un peu familier.


****


BONUS :
Et pour finir, un petit « plus » ! Voici la bande-annonce du film avec la transcription des extraits de dialogue (et des remarques de vocabulaire) car les acteurs de ce film parlent très vite !







Marie (Marion Cotillard) : Alex, on porte des serviettes ?
Max (François Cluzet) : Je sais pas. Tu fais comme tu veux, moi j’en ai pris une, mais en même temps, on va faire du bateau, donc il y a de l’eau autour…
Eric (Gilles Lellouche) : On est bien chez toi, hein, mon Jean-Louis, hein ?!
Marie (Marion Cotillard) : Y’a un mec (1) que je connais et qui est descendu en bagnole (2) de Paris pour me voir…
Le mec : Bonsoir.
Eric (Gilles Lellouche) : Et où il va dormir où, là?
Antoine (Laurent Laffite) : Dans son cul (3) ! Pardon…
Antoine (Laurent Laffite) : Véro, ça, franchement, ça va, c’est bon?
Véronique (Vélarie Bonneton) : Si t’as envie de te boucher les artères, tu fais ce que tu veux mais moi, je veux pas de ça chez moi.
Max (François Cluzet) : Combien de fois je vous ai dit de ranger le tuyau d’arrosage ? Et voilà, et ça fait des traces jaunes. Bon !
Antoine (Laurent Laffite) : Vincent, il faut que je te demande un conseil. Non, tu peux arrêter ça deux minutes, là, s’il te plaît ? Je vais pas y arriver (4), là. J’ai revu Juliette !
Vincent (Benoît Magimel) : Il m’arrive un truc de dingue (5). Ça fait déjà plusieurs mois que je ressens un truc bizarre quand je te vois. J’ai même pas envie de coucher avec toi, hein ! Peut-être que ça viendra.
Max (François Cluzet) : Non mais ça va pas maintenant ou quoi ! Tu deviens complètement con (6), ou quoi ? Qu’est-ce que tu racontes ? Je suis le parrain de ton fils. Mais enfin !
Eric (Gilles Lellouche) : Il me manque mon petit Ludo mais…
Ludo (Jean Dujardin) : Un plat incroyable ! Confectionné tout en maïs ! [phrases pas très claires]Eh ben voilà, pari tenu !
Jean-Louis (Joël Dupuch) : Il continuait ses conneries (7), là ?
Vincent (Benoît Magimel) : Ben, il était complètement défoncé (8) au moment de l’accident ?
Eric (Gilles Lellouche) : Pourquoi t’as jamais voulu être avec moi ?
Marie (Marion Cotillard) : Chaque fois que tu te fais larguer (9), tu recommences !
Eric (Gilles Lellouche) : Léa !
Eric (Gilles Lellouche) : Qu’est-ce que tu racontes, je me suis pas fait larguer.
Isabelle (Pascale Arbillot) : Mais enfin, qu’est-ce qui se passe avec Max ?
Max (François Cluzet) : Tu crois que je t’ai pas vu, petit tricheur (10) de mes deux (11) ?! Les règles, c’est « 1, 2, 3, soleil » et tu te retournes !
Max (François Cluzet) : Bonjour, c’est le proprio !
Véronique (Vélarie Bonneton) : Max ! Y’en a ras-le-bol (12) de tes angoisses à la con (13) ! Si t’arrives pas à te détendre, et ben repars travailler ça nous fera des vacances
Jean-Louis (Joël Dupuch) : Ça fait 15 jours, là, que je vous vois tous soi-disant amis là en train de vous mentir les uns les autres. C’est quoi être amis ? C’est laisser votre pote (14) tout seul à l’hosto parce que vos vacances et votre petit confort, c’est plus important ?
Marie (Marion Cotillard) : Allô ? Tu m’entends ? Je voulais juste te dire quelque chose de très important. T’es vraiment une belle personne, Ludo !

Remarques de vocabulaire :Il y a beaucoup de mots et d’expressions familiers dans cet extrait. C’est une bonne occasion pour les découvrir ! Voici quelques explications :
1) Un mec = un homme (mot familier).
2) Une bagnole = une voiture (mot familier).
3) Le cul = les fesses (mot vulgaire). Et la phrase est très vulgaire !
4) Je vais pas y arriver = Je (ne) vais pas réussir.
5) Un truc de dingue = quelque chose de fou (donc d’incroyable).
6) Con = idiot (mot très familier).
7) Des conneries = des bêtises (mot assez familier), formé sur l’adjectif « con ».
8) Défoncé = drogué.
9) Larguer = quitter (idée de séparation d’un couple). Le mot est familier. . « Tu te fais larguer » = « Tu es largué », « Ta petite amie t’a quitté ».
10) Un tricheur = quelqu’un qui ne respecte pas les règles (dans un jeu, pendant un examen). Le verbe = « tricher ».
11) De mes deux = expression pour faire une insulte très vulgaire (allusion aux testicules). « Petit tricheur de mes deux » = « Espèce de petit tricheur ».
12) Y’en a ras-le-bol = « Il y en a marre », « J’en ai marre » (ces expressions sont familières), = « j’en ai assez » (en français plus standard).
13) À la con = stupide.
14) Votre pote = votre ami.
Guillaume Canet, Marion Cotillard et François Cluzet sur le tournage
Voilà, c'est tout. Et je vous invite à faire des recherches sur les acteurs du film, presque tous très connus ! De plus, n'hésitez pas à aller voir ce film s'il passe près de chez vous (il y a une bonne distribution internationale) pour vous faire votre propre opinion...