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Vous apprenez le français et vous voulez progresser ?

Ce blog est fait pour vous !

Sur GABFLE, il y a des interviews authentiques de personnes francophones, à écouter ou à lire,
des exercices, des remarques de grammaire, de vocabulaire, de prononciation.

Testez ce blog, et laissez des commentaires, ou contactez-moi :



À bientôt !






dimanche 17 août 2008

DOCUMENT AUDIO pour le niveau A2 (Marie-Thérèse) :

Marie-Thérèse parle de sa famille !




Marie-Thérèse habite dans le Sud-ouest de la France, entre Bordeaux et Bergerac. Elle est maintenant retraitée. Elle est grand-mère mais aussi arrière-grand-mère ! Elle a accepté de me raconter un peu sa vie.






DOCUMENT AUDIO :
Voici les informations que vous devez entendre dans le document.
1) Quel âge a Marie-Thérèse actuellement ?
2) Quelle était sa profession ?
3) À quel âge s’est-elle mariée ? Combien a-t-elle d’enfants ?
4) Pourquoi est-ce qu’elle a eu beaucoup d’enfants ?
5) Où est-ce que ses enfants sont nés ?
6) Comment chauffait-elle l’eau pour stériliser les biberons par exemple ?
7) Comment était la vie pour elle ?

8) Quand est-ce qu’elle a eu le gaz ? Pour elle, que représentait le gaz ?
9) Comment était sa première machine à laver le linge (les vêtements, etc.) ? En quelle année est-ce qu’elle l’a eue ?
10) Que dit-elle sur la première télévision de la famille ?

Écoutez le document.




EXERCICE :
Choisissez les réponses correctes.


Service offert par Quizz.biz













TRANSCRIPTION :
Après
l'exercice, lisez la transcription et les remarques pour apprendre le vocabulaire et comprendre les prononciations. Mais ce n’est pas possible de comprendre tous les petits détails… Essayez de comprendre les idées générales, c’est le plus important.
Gab : Bonjour Mémé (a), tu (a) peux te présenter ?
Marie-Thérèse :
Je m’appelle Marie-Thérèse, j’ai… je vais avoir (1) 79 ans. Et… je suis du milieu agricole, d’un milieu paysan (b), parce que… quand nous étions jeunes, on parlait de « paysans », on ne parlait pas d’« agriculteurs » ! [rires] Et je me suis mariée à 18 ans. J’ai eu 6 enfants. Euh*, à ce moment-là (2), nous étions très heureux, c’est ce que nous désirions, c’était après la guerre (c), on était vraiment décidés quand nous nous sommes mariés à avoir beaucoup d’enfants. Nous avions fait des projets mais, les… à ce moment-là, on accouchait (3) à la maison et c’était vraiment… nous n’avions pas de confort du tout (4), nous avions qu’une… le feu de cheminée pour stériliser le linge, pour stériliser les biberons (5) mais c’était très agréable, c’était autre chose, je pense que de… d’accoucher à la maternité. C’était familial, c’était…c’était quelquefois pas très amusant… mais… c’était en famille que ça se passait et…
Gab :
Et alors, la vie après, avec six enfants, j’imagine que c’était pas de tout repos (6)
Marie-Thérèse :
Oui mais ils ne sont pas nés tous ensemble ! [rires]
Gab :
Heureusement !
Marie-Thérèse :
Et… l’un après l’autre mais ils ont été très rapprochés, ils sont venus quatre en quatre ans. Mais c’est… nous étions jeunes, il y avait des jours où c’était très dur (7), d’autres où nous avions beaucoup de bonheur et... ils ont été… ils ont vécu (8) eux aussi avec… dans cette simplicité et dans ce manque de confort (9), voilà, et c’est venu petit à petit (10). Nous avons découvert le… par exemple, le gaz en 1950, deux ronds de gaz. Alors, là, c’était le bonheur parce que… on pouvait faire chauffer l’eau pour le… stéri… stériliser les biberons, puisque le quatrième venait de naître (11)… non, le troisième venait de naître. Et, ensuite, ç’a été quand même, petit à petit, quoi**, le… on a eu la machine à laver le linge, mais alors une machine toute simple, avec deux rouleaux, il fallait faire… euh, en 1955, peut-être, en par-là (12) !
Gab :
Et vous avez eu même la télévision, assez tôt…
Marie-Thérèse :
La télévision, nous l’avons eue en… dans les années 60 (13)… On l’avait louée, parce qu’on pouvait pas la payer, on… on n’avait pas assez… suffisamment de revenus (14) ! Mais ç’a été, ç’a été notre vie ! Voilà ! [rires]
Gab :
Merci.
Marie-Thérèse :
[rires]
Remarques culturelles :
a)
Il pourra vous sembler bizarre que je tutoie (que je dise « tu ») à Marie-Thérèse, vu son âge. Mais en fait, il s’agit de ma grand-mère, c’est donc aussi pour cela que je l’appelle « mémé ». Souvent aussi, on appelle sa grand-mère « mamie ». Pour les grands-pères, on dit souvent « pépé » ou « papi ».
b)
Pendant longtemps (les années 70 et 80 surtout), le mot « paysan » était assez négatif. Mais maintenant, beaucoup de petits agriculteurs préfèrent se dire « paysans ». Il y a même un syndicat agricole de plus en plus important qui s’appelle la « confédération paysanne ».
c) Marie-Thérèse
est née en 1929, elle s’est mariée en 1947.
Remarques de grammaire et de vocabulaire :
1) Je
vais avoir : le verbe « avoir » est au futur proche ici. Marie-Thérèse a encore 78 ans. Si vous voulez réviser le futur proche, consultez par exemple le site Polarfle.
2) À ce moment-là
signifie « à un moment du passé ». Pour dire « maintenant », le synonyme est « en ce moment ».
3) Accoucher =
avoir un bébé, quand le bébé naît (du verbe « naître »).
4) Pas du tout
signifie « absolument pas ».
5) Un biberon =
une bouteille pour faire boire du lait aux bébés.
6) Pas de tout repos
signifie « fatigant », « pas reposant ».
7) dur =
difficile.
8) Ils ont vécu =
c’est le passé composé du verbe « vivre ».
9) Le manque de confort =
quand il n’y a pas de confort.
10) Petit à petit =
« peu à peu », = « progressivement ».
11) Venir de + verbe à l’infinitif :
c’est le passé récent (utilisé quand quelque chose s’est passé peu de temps avant). Si vous voulez réviser le passé récent (ou passé proche), consultez le site Polarfle.
12)
En par-là = « à peu près », « environ » (quand on n’a pas l’information exacte). Mais c’est une expression non standard et un peu régionale.
13) Dans les années 60 =
entre 1960 et 1969.
14) Les revenus =
(ici) l’argent.
Et si vous voulez réviser les temps du passé,
travaillez avec le site Polarfle où il y a des leçons et des exercices sur le passé composé (comme « je me suis mariée », « nous avons découvert » et l’imparfait (comme « nous étions », « nous désirions »).
Remarques de prononciation et sur les manières de parler : - Parfois, Marie-thérèse commence des phrases et ne les termine pas : c’est normal, cette interview n’était pas préparée, donc elle n’est pas sûre de ce qu’elle va dire, elle cherche ses mots.
- * Euh : et quand on cherche ses mots, parfois, on dit « euh ». Ce n’est pas un mot, c’est une habitude de langage.
- ** Quoi : ce mot « quoi » n’a pas vraiment de signification ici. C’est une habitude de langage.

vendredi 8 août 2008

DOCUMENT AUDIO pour le niveau A2 (Nicolas) :

Nicolas fait de la musique !




J’ai fait une petite interview de Nicolas. Il a une trentaine d’années et il habite à Grenoble. Il m’a parlé de sa passion pour la musique.




 

DOCUMENT AUDIO :
Tout d'abord, voici les informations que vous devez entendre dans le document.
1) Que fait exactement Nicolas ?
2) Pour quelle raison fait-il de la musique ?
3) Pourquoi lui et ses amis ont-ils fait un concert en
juin ?
4) Quel a été le problème le soir du concert ?


Maintenant, écoutez le document. Vous pouvez faire l'exercice en même temps.



EXERCICE :
Choisissez la réponse correcte.

















 


TRANSCRIPTION :
Après
l'exercice, lisez la transcription et les remarques pour apprendre le vocabulaire et comprendre les prononciations.
Je m’appelle Nicolas, j’ai…, j’habite à Grenoble, dans les Alpes. Euh*, j’ai fondé (1) avec des amis un groupe de jazz, on est quatre. Je joue du saxophone (2). Il y a un guitariste, un bassiste et un batteur. Euh, on est, c’est pas (3) notre vrai métier, on, on est des amateurs en fait, on a tous un vrai métier à côté. On joue principalement 4) dans les bars ou pour des amis. Euh, au mois de juin, là, nous avons joué pour la fête de la musique (a) et pendant le concert on jouait donc dans un bar et il y avait un match de foot de la coupe d’Europe le même soir donc le patron du bar avait installé une grande télé et en face de nous pendant qu’on jouait, on pouvait voir le match donc c’était très difficile de se concentrer sur la musique et de regarder le football en même temps (5) ! [rires]

Remarque de prononciation :
* Euh
= la chose qu’on dit quand on hésite, quand on cherche ses mots.
 
Remarques de grammaire et de vocabulaire :
1) J’ai fondé =
j’ai créé.
2) Jouer du saxophone :
on utilise « du » (qui vient de « de le ») car le saxophone est un instrument de musique et que c’est un mot masculin. Ça change si le mot est féminin ou pluriel. On dit donc par exemple :
- jouer de la guitare / jouer de la batterie / jouer de la basse / (mots féminins)
- jouer du violon / jouer du piano / (mots masculins)
- jouer de l’harmonica / jouer de l’orgue (mots qui commencent par une voyelle)
- jouer des maracas / jouer des castagnettes (mots pluriel)
Mais quand il s’agit d’un sport ou d’un jeu, on utilise « à » qui change aussi :
- jouer à la poupée / jouer à la pétanque / jouer à la balle / (mots féminins)
- jouer au tennis / jouer au football / jouer au ballon / (mots masculins)
- Jouer à l’élastique / jouer à l’ordinateur / (mots qui commencent par une voyelle)
- jouer aux cartes / jouer aux billes (mots pluriel)

3) C’est pas : ici, la forme correcte est « ce n’est pas » mais cette erreur est très fréquente en français.
4) Principalement =
surtout.
5) En même temps =
simultanément.

Remarque culturelle :
a) la fête de la musique : Elle a lieu chaque année le 21 juin. Le concept de fête de la musique date des années 70. Mais c’est le ministère de la culture français (dirigé par Jack Lang) qui a créé la première fête de la musique en 1982. L’idée, c’est que les gens jouent de la musique et chantent dans la rue. Il n’est pas nécessaire d’être musicien professionnel, cette fête est pour les amateurs d’abord. C’est très convivial, très sympathique et il y a beaucoup de spectateurs ! Pour plus de renseignements : allez sur http://fetedelamusique.culture.fr/ !

jeudi 7 août 2008

DOCUMENT AUDIO pour le niveau A1 (Sasha) :


Sasha parle de sa vie !




Je suis allée chez Sasha. Je l’ai interviewée et elle a parlé d’elle et de sa vie.

Une place de la ville où habite actuellement Sasha.



DOCUMENT AUDIO : 
Voici les informations que vous devez entendre dans le document.
1) Quelle est la date de naissance de Sasha ?
2) Où habite Sasha maintenant ?
3) Quelle est son opinion sur la ville où elle habite actuellement ?
4) Pendant combien de temps est-ce qu’elle va habiter dans cette ville ?


Écoutez le document.

EXERCICE :
Cochez les réponses correctes.










Une photo d'un mur de Bruxelles











TRANSCRIPTION : 
Lisez la transcription pour mieux comprendre l'interview.
Gab : Bonsoir Sasha. Tu pourrais, euh (1), te présenter un petit peu ?
Sasha : Bonsoir, je m’appelle Sasha, Sasha Ivanova. [rires]. Je suis lettone mais je suis d’origine russe (2) et j’ai… je suis née à… en Lettonie, à Riga en 1981. Après, je faisais (plus correct : j’ai fait) mes études (3) en France, à Toulouse, c’est au sud-ouest de la France et après, après, je suis venue, je suis venue en Belgique, à Bruxelles, ici. Je travaille dans l’agence (plus correct : une agence) de communication (4). Avant…
Gab : D’accord, donc tu habites à Bruxelles maintenant…
Sasha : Oui, je… depuis… j’habite à Bruxelles depuis 8 mois, depuis octobre dernier, oui. Voilà (5).
Gab : Et tu aimes bien Bruxelles ?
Sasha : Oui, j’aime beaucoup. C’est une ville très très différente, très très dynamique, il y a vraiment, il y a beaucoup de choses qui (se) passent (6), c’est la (plus correct : une) ville qui bouge (7) à mon avis. C’est très très différent, c’est très très mélangé (8). Je trouve… enfin… pas mal de (9) choses à faire chaque soir, donc j’ai (du) mal à rester chez moi (10) normalement. J’ai toujours… je sors toujours !
Gab : Et tu penses que tu vas habiter en Belgique pendant longtemps encore ?
Sasha : Pfff ! Je pense… C’est difficile à dire, ça me plaît (11), ici. Pour le moment, je reste mais… je pense… une année, deux années. Après on verra, on verra bien (12) !
Gab :
D’accord, merci !
Sasha : Avec plaisir !

Remarques :
Cette interview n’était pas préparée.
Donc Sasha n’est pas sûre de ses réponses. Elle hésite, elle commence à expliquer des choses, elle change d’idée. C’est normal. Et ça explique les « … » !

1) Euh : on dit « euh » quand on cherche ses mots, quand on hésite.
2) Je suis d’origine russe : cette expression signifie que les parents ou les grands-parents de Sasha étaient russes.
3) J’ai fait mes études = j’ai étudié à l’université.
4) Une agence de communication : Sasha travaille dans un bureau qui donne des informations sur l’Union européenne.
5) Voilà : on dit « voilà » quand on a fini de développer une idée. C’est comme une petite conclusion ici.
6) Se passer : on utilise ce verbe pour présenter un événement spécial. Exemple : « Les jeux olympiques 2008 se passent en Chine ».
7) Bouger =
(ici) être dynamique.
8) Mélangé signifie ici qu’il y a beaucoup de choses et de personnes différentes.
9) Pas mal de = beaucoup de.
10) J’ai (du) mal à rester chez moi = « c’est difficile pour moi de rester à la maison » (parce qu’elle sort beaucoup, elle a beaucoup d’activités).
11) Ça me plaît =
j’aime.
12) On verra bien
signifie « je ne sais pas encore », « peut-être » quand on parle du futur.

PRONONCIATION :

Bonjour, je suis Gabrielle. Je suis française.
Mon amie Sasha est lettone.

Écoutez les exemples de prononciations de nationalités !
Il est letton. Elle est lettonne. Ils viennent de Lettonie.
Il est breton. Elle est bretonne. Ils viennent de Bretagne (région française).
Il est espagnol. Elle est espagnole. Ils sont d’Espagne.
Il est japonais. Elle est japonaise. Ils viennent du Japon.
Il est portugais. Elle est portugaise. Ils viennent du Portugal.
Il est brésilien. Elle est brésilienne. Ils viennent du Brésil.
Il est italien. Elle est italienne. Ils viennent d’Italie.
Il est mexicain. Elle est mexicaine. Ils sont du Mexique.
Il est américain. Elle est américaine. Ils sont des Etats-Unis.
Il est québécois. Elle est québécoise. Ils viennent du Québec.
Il est suédois. Elle est suédoise. Ils viennent de Suède.
ET :
Il est suisse. Elle est suisse. Ils viennent de Suisse.
Il est belge. Elle est belge. Ils viennent de Belgique.

Remarque : On peut écrire « Je suis Française » et « Je suis française », les deux orthographes existent (pour les personnes). Mais pour les objets ou les situations, on écrit une lettre minuscule. Exemple : « Toulouse est une ville française ». Et quand on parle des êtres humains, la majuscule est une obligation : « J’ai beaucoup d’amis du monde entier : des Espagnols, des Lettons, des Irlandais, des Brésiliens, des Japonais, des Suisses, etc. ! ».

Et pour finir, une photo d'une des places de la ville d'origine de Sasha :

mardi 29 juillet 2008

DOCUMENT DE COMPRÉHENSION ORALE pour le niveau B2 (Aurélie) :

Aurélie parle de l’association Emmaüs !



Vous avez peut-être déjà écouté les interviews que j’ai faites d’Aurélie… Elle a 28 ans, elle est documentaliste à Paris. Mais en-dehors du travail, elle a aussi des engagements associatifs dont elle nous parle ici… Vous ferez attention, cet enregistrement a été fait lors d’un (long…) voyage en bus, il y a des bruits qui gênent un peu la compréhension mais c’est un bon entraînement pour « tendre l’oreille » !







DOCUMENT AUDIO !

Voici les informations que vous devez entendre dans le document :
1) À l’origine, quel était l’objectif de la fondation Emmaüs ?
2) Qu’y fait Aurélie ? Dans quelles conditions ?
3) Au total, combien de matières sont proposées aux stagiaires?
4) Pour quelle raison les stagiaires s’adressent-ils à Emmaüs ?
5) Quels types de cours Aurélie mentionne-t-elle ?
6) Quelles certifications peuvent obtenir les stagiaires ?
7) Commen
t sont les étudiants pendant les cours du soir ?









Écoutez le document :






EXERCICE : 
Choisissez les réponses correctes.










TRANSCRIPTION :
Après
avoir fait l’exercice, vous pouvez lire la transcription et les remarques afin de mieux comprendre les détails.
Gab : Tiens Aurélie, tu es d’humeur à parler un peu sérieusement ?
Aurélie : Oui [petit rire] !
Gab : Non (a), j’aimerais bien que tu nous racontes ton expérience, euh (b), dans l’assotion… l’association, pardon, Emmaüs (A)
Aurélie : Alors (c)… Emmaüs est une association qui (1) fait, qui fait beaucoup de choses et qui, qui aidait en premier lieu les personnes sans logement. Mais depuis, ils ont un peu élargi, euh, leur, leur mission et ils s’adressent à toutes les personnes en situation d’urgence et proposent aussi des, des cours de français, euh, aux personnes qui en ont besoin (2). Donc (d) euh, c’est là que j’interviens en fait (e), donc je suis (f) formatrice, euh, à l’« atelier de formation de base », donc c’est le, c’est le nom du service. Donc je donne des cours le soir, donc, euh, en tant que bénévole, et euh, et c’est plutôt, euh, à la fois intéressant et plutôt sympathique aussi. Donc, euh, donc les stagiaires ont trois cours par semaine. Donc le mardi, le jeudi ; et le mercredi ils ont un atelier spécifique, donc ça peut être théâtre, ça peut être informatique, on… il y a (g) plein de choses différentes. Et donc je travaille en binôme avec, euh, un autre formateur et on donne un cours par semaine donc à des personnes, euh, d’origine étrangère la plupart, qui, euh, qui s’expriment très bien en français à l’oral mais qui, qui ont des difficultés à lire et écrire le français. Donc, euh, on les aide dans cet apprentissage.
Gab : Qu’est-ce que vous faites, exactement, en cours, si on peut appeler ça des cours ?
Aurélie : Euh, oui, on peut appeler ça des cours. Ben on fait des choses assez différentes. On travaille sur beaucoup de documents, euh, dont (3) ils peuvent avoir besoin dans, dans leur vie quotidienne. Donc euh, donc ça peut être, euh, s’inscrire, euh, s’inscrire, euh, à l’ANPE (B), ça peut être dans la recherche d’emploi, ça peut être aller à la Poste, chercher un recommandé, donc, selon le niveau, il y a, il y a beaucoup de choses différentes. Ça peut être… lire un plan de métro aussi, donc ce qui (h) (4) est souvent, euh, très utile quand on est à Paris mais, mais qui, qui est pas évident non plus. Donc, euh, voilà, on travaille sur des documents très différents, dans l’idée que, euh, leur vie quotidienne soit un peu plus facile par la suite et qu’ils soient un petit peu plus autonomes.
Gab : D’accord, et à la fin, ils passent un diplôme ou quelque chose ?
Aurélie : Ils ont pas de diplôme, euh, ils ont, euh, il y a des évaluations régulières, l’objectif, c’est d’arriver, euh, au cadre européen des langues (C), donc au niveau, au premier niveau. Euh, mais, mais ils ont aussi la possibilité de passer un petit diplôme informatique qui s’appelle le « PIM », euh, dont (5) j’ai oublié, euh [rires] les initiales. [Gab : Pas grave...] Mais qui, mais qui, mais qui atteste, voilà, d’un certain niveau informatique et qui, qui, qui peut, qui peut être valorisé aussi dans leur recherche d’emploi.
Gab : Voilà, ouais, pour mettre sur le CV, ça peut être bien…
Aurélie : Exactement. Ouais, ouais.
Gab : D’accord. Donc c’est sympa ? Vous avez aussi, je sais pas, des discussions, il y a des moments où (6) vous êtes aussi plus détendus ? … (+ mots impossibles à comprendre !)
Aurélie : Ah, ben, oui, oui, oui, ben c’est souvent des, quand même des, des, des cours assez, assez studieux mais, mais assez conviviaux aussi parce ce que bon, ils ont, ils travaillent la journée donc ils arrivent après, après le travail et c’est vrai qu’ils sont… c’est aussi un, un moment où ils peuvent penser un peu à eux et se concentrer donc, donc on peut échanger aussi, il y a beaucoup de nationalités différentes, donc euh, donc c’est source d’échanges, euh, plutôt, plutôt amusants et plutôt, plutôt enrichissants pour tout le monde, donc...
Gab : Merci pour ton témoignage !
Aurélie : Merci !

Remarques grammaticales :
Voici plusieurs remarques sur les pronoms, relatifs ou non, dans cette partie.
1) qui :
vous le savez certainement mais mieux vaut le dire trop que pas assez, « qui » est un pronom relatif qui s’utilise autant pour les personnes, que pour les choses ou les situations. Il remplit une fonction de sujet (ici, il est sujet du verbe faire) et est généralement suivi directement par un verbe. Mais attention, il peut parfois y avoir un pronom complément intercalé entre « qui » est le verbe, comme dans l’exemple suivant : « Le français, c’est une langue qui vous intéresse ». Ne le confondez pas avec « que » qui est un pronom relatif complément d’objet direct et qui s’utilise pour les choses, les situations mais aussi pour les personnes : « Le français, c’est une langue que vous aimez » où on remarque que le relatif « que » est suivi du pronom sujet « vous » puis du verbe « aimer ».
2) en ont besoin :
vous remarquez ici le pronom « en », utilisé pour ne pas répéter (« de cours de français ») et qui s’utilise car le verbe « avoir besoin » se construit normalement avec la préposition « de ».
3) dont :
voici un autre pronom relatif, le plus difficile à utiliser sans doute… Vous remarquez qu’il est associé au verbe « avoir besoin de », encore lui… Il permet de relier ensemble deux idées (on travaille sur beaucoup de documents / ils peuvent avoir besoin de ces documents) et de ne pas répéter le complément du verbe « avoir besoin de ». « Dont » peut avoir une fonction de complément du verbe (comme ici, comme souvent) ou bien de complément du nom ou de l’adjectif. Exemples : « La grammaire, c’est une chose difficile dont je ne parle pas souvent sur ce blog ». (complément du verbe) / « GABFLE, c’est un blog dont l’auteur aime interviewer ses amis ». (complément du nom) / « Le français, c’est une langue dont vous êtes passionné(e) » (complément de l’adjectif).
4) ce qui :
signifie « la chose qui ». C’est un pronom relatif composé avec un démonstratif. Même chose avec « ce que ». Exemples avec le discours direct et le discours indirect : « Qu’est-ce qui t’intéresse ? » -> Elle me demande ce qui m’intéresse. » / « Qu’est-ce que tu aimes ? » -> « Il me demande ce que j’aime. »
5) dont :
celui-ci a une fonction de complément du nom : Aurélie a oublié (la signification) des initiales du sigle « PIM ».
6) où :
vous savez certainement que « où » est le pronom relatif complément de lieu en français… mais étiez-vous pleinement conscient(e) qu’il est aussi complément de temps ?... Si oui, bravo ! Si ce n’est pas le cas, pas de souci : vous le savez dorénavant ! On dit donc « le jour où… », « l’année où… », « le moment où… », etc.
Remarques sur les prononciations et habitudes de langage :
a) Non :
ce mot dans ma bouche ne visait pas à contredire Aurélie mais plutôt à contrebalancer le côté très sérieux de ma question afin de montrer que la discussion allait rester informelle. C’est donc un « non » introductif ! Quel paradoxe, non ?!
b) Euh : Il y a beaucoup de « euh » ici… parce qu’on hésite, oui, bien sûr, mais en fait, dans la majeure partie des cas, on ne se rend pas compte qu’on dit cela … Comment ? Vous aussi, vous dites involontairement « euh » quand vous parlez français ? C’est bien ! Vous êtes sur le chemin du bilinguisme !
c) Alors : ce mot est très courant quand on commence à exposer une idée, à raconter quelque chose.
d) Donc : vous l’aurez remarqué, c’était le mot du jour pour Aurélie ! Je n’ai pas compté combien de fois elle l’avait utilisé mais en tout cas, beaucoup ! Non qu’elle ait eu besoin de systématiquement faire des conclusions… évidemment ! C’est juste un réflexe de langage…
e) En fait : normalement, « en fait » sert à introduite une explication, un éclaircissement… Mais souvent, cela reste une simple habitude de langage. Comme avec « donc », Aurélie ponctue son discours avec « en fait »… et elle en sera vraisemblablement très surprise lorsqu’elle lira la transcription de son interview !
f) Je suis : je suppose que vous connaissez ce phénomène de prononciation : ici, on entend vraiment « chui » !
g) il y a : Aurélie prononce bien sûr « y’a » ici mais tellement vite qu’on le devine plus qu’on ne l’entend !
h) Ce qui : Et « ce qui » est prononcé « ski » sans qu’il y ait un rapport avec les sports d’hiver…

Remarques culturelles :
A) Le
mouvement Emmaüs est un ensemble d’associations loi de 1901 fondées par l’abbé Pierre (de son vrai nom Henri Grouès) à partir de 1949, pour venir en aide aux plus pauvres, aux exclus, aux réfugiés et aux sans domicile fixe (« SDF »). Le mouvement Emmaüs International regroupe 323 associations reconnues par le mouvement en son nom à travers le monde, dont 140 en France fédérées au sein du mouvement Emmaüs France. Les personnes accueillies dans les communautés, qui représentent le projet central du mouvement, ont été désignés comme «compagnons» par l'abbé Pierre, leur figure emblématique et mondialement respectée. L’abbé Pierre est décédé en 2007, à l’âge de 94 ans. (D’après Wikipédia). Pour plus d’informations, consultez leur site Internet : http://www.emmaus-france.org/.
Et si vous voulez en savoir plus sur la personnalité hors du commun de l’Abbé Pierre, regardez cette vidéo (un extrait de discours très fort), trouvée sur YouTube, où on comprend extrêmement bien qu’en 1997 (10 ans seulement avant sa mort), sa force de caractère et ses convictions n’avaient pas faibli. J’en ai fait une transcription pour vous aider à bien comprendre.




Transcription : 
« Ceux qui ont pris tout le plat dans leurs assiettes, laissant les assiettes des autres vides et qui ayant tout, disent avec une bonne figure, une bonne conscience : « nous, nous, qui avons tout, on est pour la paix » ! Qu’est-ce que c’est que je dois leur crier à ceux-là ? Les premiers violents, les provocateurs de toute violence, c’est vous ! Et quand le soir, dans vos belles maisons, vous allez embrasser vos petits enfants, avec votre bonne conscience, au regard de Dieu, vous avez probablement plus de sang sur vos mains d’inconscients que n’en aura jamais le désespéré qui a pris des armes pour essayer de sortir de son désespoir. »


Fin des remarques culturelles :
B) L’ANPE = l’Agence Nationale Pour l’Emploi qui s’occupe de mettre en contact les potentiels employés et les employeurs afin que les chômeurs puissent retrouver du travail.
C) cadre européen des langues : c’est le CECR (cadre européen de référence pour les langues), il s’agit des niveaux A1, A2, B1, B2, C1, C2 que j’utilise dans ce blog pour distinguer les niveaux des exercices.